[lu sur Libertés Internet] Il faut bombarder les jounalistes qui ne sont pas « patriotes »

Repérée sur le blog Libertés Internets, une affirmation de l’expert militaire américain Ralph Peters extraite d’un article paru dans le dernier numéro de la revue du Jewish Institute for National Security Affairs. Dans son papier, Peters théorise une réalité que les journalistes travaillant au Moyen-Orient connaissent bien : le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant. Par voie de conséquence, s’il ne sert pas la cause des soldats, le reporter est donc considéré comme un ennemi et traîté en conséquence.

Dans les guerres du futur, nous allons devoir apprendre à gérer des actions concrètes comme la censure de l’information, des interdictions de couverture médiatique et même, dans certains cas, des attaques militaires contre des média partisans.

Les journalistes se prennent pour des êtres supérieurs, occupant une place à part sur le champ de bataille, comme s’ils étaient une espèce protégée. Mais la liberté de la presse s’arrête quand elle met en danger nos soldats et renforce nos ennemis. Le simple fait de vouloir “expliquer“ le point de vue de l’ennemi peut l’encourager à tuer nos soldats. En conséquence, certains média sont des alliés objectifs de nos ennemis et doivent être traîtés comme des cibles militaires.

De nos jours, quand on ose dire cela, on se fait incendier, mais les journalistes qui ont perdu tout sens patriotique risquent fort de se retrouver isolés sur le champ de bataille et découvrir que leurs petites vies n’ont pas d’utilité pour nous.

Pour un expert militaire censé s’entendre sur les conflits du futur, il est possible que Ralph Peters ait déjà une guerre de retard : aujourd’hui, c’est moins la liberté de la presse qui met en danger les soldats, que la liberté de tout un chacun équipé d’un téléphone portable de publier instantanément, tous azimuts, ce qu’il fait ou voit à un moment donné. Cela moins par manque de patriotisme que par envie [bientôt par besoin ?] de communiquer en permanence à l’autre – les membres de son réseau – ce qu’il est en train de faire, de voir ou de vivre …cela sans que personne ne le lui demande.

Pour lire l’article dans son entier : Pour l’expert militaire Peters, il faut bombarder les journalistes qui ne sont pas « patriotes » [Libertés Internets]


En lien(s) sur le présent blog :

  1. [lu sur Coulisses de Bruxelles, UE] Fallait-il diffuser l’enregistrement des propos de Rachida Dati ? « … cette affaire ne grandit pas la profession [de journaliste] et montre que l’autorégulation et l’intervention judiciaire seules ne sont pas des garde-fous suffisants. Les Pays-Bas et, plus récemment la Belgique, l’ont bien compris : la profession s’est dotée d’un conseil de déontologie composé de professionnels (journalistes et éditeurs)...

Short URL: http://blog.francoismonney.com/?p=86126528

Posted by François Monney on juin 3 2009 Filed under Remarqué sur la Toile. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

1 Comment for “[lu sur Libertés Internet] Il faut bombarder les jounalistes qui ne sont pas « patriotes »”

  1. [...] qui me rappelle furieusement un billet de juin 2009, dans lequel j’avançais ceci : Pour un expert militaire censé s’entendre sur les conflits [...]

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