De la paternité, selon Jean Anouilh
Mon fils me prend pour un héros. Il est persuadé que je saute dix mètres à pieds joints, que je nage comme un poisson, que je suis capable d’assommer le laitier d’une pichenette. Mes vertus font partie de l’équilibre du monde pour lui. J’espère pouvoir tenir jusqu’à ses douze ans – approximativement. Après, mon Dieu, il faudra qu’il se fasse une juste idée des choses, comme tout le monde, et qu’il conclue que son père était en fait un vieux cornichon.
Jean Anouilh (1910-1987)
Écrivain et dramaturge français
Extrait de L’Huluberlu
Écrivain et dramaturge français
Extrait de L’Huluberlu
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De nos jours on tient le rôle de héros jusqu’à trois ans environ, la première fois que le père refuse d’acheter une seconde console de jeux.
Très juste ! Qui plus est, quand c’est le grand-père qui achète la première console de jeux pour contourner le refus paternel, le père a tôt fait de passer pour un vieux ringard