De la paternité, selon Jean Anouilh

Mon fils me prend pour un héros. Il est persuadé que je saute dix mètres à pieds joints, que je nage comme un poisson, que je suis capable d’assommer le laitier d’une pichenette. Mes vertus font partie de l’équilibre du monde pour lui. J’espère pouvoir tenir jusqu’à ses douze ans – approximativement. Après, mon Dieu, il faudra qu’il se fasse une juste idée des choses, comme tout le monde, et qu’il conclue que son père était en fait un vieux cornichon.

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Jean Anouilh (1910-1987)
Écrvain et dramaturge français
Extrait de L’Huluberlu

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Posted by François Monney on nov 23 2009 Filed under Citation de la semaine. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

2 Comments for “De la paternité, selon Jean Anouilh”

  1. De nos jours on tient le rôle de héros jusqu’à trois ans environ, la première fois que le père refuse d’acheter une seconde console de jeux.

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