[lu sur Justice au singulier] Camus dans notre panthéon
Camus dans notre panthéon | Philippe Bilger – Justice au singulier :
“ Albert Camus a eu tort : il ne s’est jamais trompé. Pour un monde qui n’aime rien tant que les repentis, les anciens communistes recyclés, les gauchistes d’hier reconvertis, les nostalgiques encore frémissants de violence révolutionnaire et les manichéens fiers de l’être, Camus pâtit d’une tare indélébile. Sur son oeuvre, sur son génie, pas l’ombre d’une trace suspecte, pas la moindre apologie de crime, pas la plus petite incitation au meurtre, aucune comparaison bestiale pour humilier l’adversaire, seulement des mots, des arguments, de la morale, l’exigence d’honnêteté et de rigueur portée au plus haut. [...] L’insupportable [chez Camus], surtout, c’est un intellectuel qui s’est obstinément évertué à tenir les deux bouts de la chaîne, à ne pas choisir absurdement un camp contre l’autre … [...] Il y a une volonté chez lui inébranlable et sans cesse respectée en dépit des tensions, de ne pas noyer l’éthique dans le flot du siècle et de ne pas justifier l’injustifiable qui consiste à sacrifier, délibérément et avec une idéologie allègre, l’humain. [...] “Une sélection des plus belles lignes – à mon goût – lues sur Albert Camus en cette période de commémoration. Si vous aimez Camus, prenez le temps d’aller lire dans son entier le billet de Philippe Bigler.
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