[lu sur LeDevoir.com] Si j’étais président…

Un classique parmi les classiques, situé quelque part entre utopie de doux rêveur et rêve d’enfant : “Aah ! Si j’étais président…“

“Si j’étais président, j’arrêterais en quelques jours les attaques terroristes contre les États-Unis. Définitivement. D’abord, je présenterais mes excuses à toutes les veuves, aux orphelins, aux personnes torturées, à celles tombées dans la misère, aux millions d’autres victimes de l’impérialisme américain. Ensuite, j’annoncerais aux quatre coins du monde que les interventions américaines dans le monde sont définitivement terminées, et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51e État des États-Unis, mais dorénavant — chose curieuse à dire — un pays étranger. Et puis, je réduirais le budget militaire d’au moins 90 %, utilisant le surplus pour payer des réparations aux victimes. Ce serait plus que suffisant. Le budget militaire d’une année, soit 330 milliards de dollars, équivaut à plus de 18 000 dollars de l’heure depuis la naissance de Jésus-Christ. Voilà ce que je ferais les trois premiers jours. Le quatrième jour, je serais assassiné.“

William Blum (né en 1933)
Ecrivain et journaliste américain,
critique féroce de la politique étrangère des États-Unis

Tout un programme. En l’occurrence, le cauchemar d’assister à un effondrement du marché pour le complexe militaro-industriel ; l’expérience du désespoir du lieutenant Drogo* pour tout planificateur, expert, prophète, futurologue ou devin en matière de stratégie militaire et de prospective ; l’incrédulité des ministres des finances d’avoir gagné enfin le gros lot à la loterie des dividendes de la paix. Bref, un vrai, bon, gros changement de paradigme, pas un pis-aller du genre « chute du mur de Berlin » ou « ultimatum climatique ». Non, non, là j’entends bien un vrai, bon, gros délire, un truc à se faire interner pour démence ou décerner le Prix Nobel de la Paix.

Mais, même dans la douce euphorie des bonnes résolutions d’un début d’année, restons sérieux et gardons foi en nos certitudes : William Blum n’est qu’un utopiste et ce n’est pas demain la veille qu’un président des États-Unis se verra remettre un Prix Nobel de la Paix.

Sources : Lettres – Terrorisme vs États-Unis | Le Devoir

* Le héros de Le Désert des Tartares, le roman de l’écrivain italien Dino Buzzati

En lien(s) sur le présent blog :

  1. Dépenses militaires mondiales en hausse en 2009 Dans son Annuaire 2010 sur les armements, le désarmement et la sécurité internationale publié ce mercredi 2 juin 2010, l’Institut International de Recherche sur la Paix de Stockholm (sipri) constate que la méga-crise économique et financière globale que nous traversons n’a eu que peu d’effets sur les dépenses militaires mondiales...

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Posted by François Monney on jan 4 2010 Filed under Remarqué sur la Toile. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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