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Moins d’armes à feu pour moins de suicides ? | Fragments actuels

Moins d’armes à feu pour moins de suicides ?

A la veille du débat au Conseil national de l’initiative fédérale populaire « Pour la protection face à la violence des armes », ce mercredi 16 juin, le journal 24 heures donne la parole à deux psychiatres sur la question : « S’il y avait moins d’armes, y aurait-il moins de suicides ? »

Quelle question ! Elle si bien dirigée qu’il est quasi impossible de répondre autre chose que : « Bien sûr que si ! » A moins que l’on précise la question comme suit : « … y aurait-il moins de suicides « réussis » ? » Et, parce que c’est une réalité soulevée à juste titre par les initiants : « … y aura-t-il moins de suicidaires tentés d’embarquer des proches – leur femme, leurs enfants – dans leur démarche auto-destructrice ? »
Pourquoi préciser la question ? Parce que le visage d’un suicidé, derrière le sang qui pourrait le recouvrir, les marques de la violence du choc avec la locomotive ou celles de l’action de la corde – pour peu qu’on ait le courage ou qu’on puisse encore le regarder dans les yeux – ne dégage pas de la détresse, mais un sentiment de réussite.
La seule détresse qu’on peut lire sur le visage d’un suicidé, c’est la nôtre : celle générée par notre tristesse, par notre incompréhension, par nos propres peurs. Sinon, la détresse se lit, oui, mais sur le visage du suicidaire, dans les yeux de celui qui n’a « pas réussi à » ou qui n’a pas encore réussi à trouver le bon moment et le bon moyen « pour réussir à ».

« … le suicidaire nage dans l’illusion – construite et entretenue tant par l’imaginaire collectif, le cinéma et les séries télévisées que par les jeux vidéo violents – que son acte sera plus facile, plus rapide et plus propre avec une arme à feu qu’avec tout autre moyen. Il n’en est rien … »

Par rapport à tout autre moyen de suicide, l’arme à feu a pour désavantage, d’une part d’assurer la quasi réussite de l’acte auto-destructif, d’autre part de pouvoir emmener avec soi ses proches sans avoir à les prendre par la main pour se jeter sous le train comme un seul homme. Une véritable, mais effroyable solution de facilité !
Un autre point parle, malheureusement, en faveur de l’arme à feu comme moyen de suicide idéal : le suicidaire nage dans l’illusion – construite et entretenue tant par l’imaginaire collectif, le cinéma et les séries télévisées que par les jeux vidéo violents – que son acte sera plus facile, plus rapide et plus propre avec une arme à feu qu’avec tout autre moyen. Il n’en est rien : pour ceux qui le trouveront, le résultat est tout aussi répulsif qu’un corps déchiqueté sous une locomotive ou que l’image du pendu ayant déféqué dans son pantalon.

« Pour le suicidaire, le taux de réussite attribué à l’arme à feu prime sur la facilité d’accès et de mise en œuvre. »

Aussi, débattre de l’attrait de l’arme à feu comme moyen de suicide en ne tournant en rond, dans l’argumentation pro ou anti détention d’armes à feu au domicile, qu’autour de la question de la facilité d’accès à une arme à feu pour se donner la mort – en regard de la soit disant difficulté à se procurer une corde pour se pendre – est par trop simpliste pour un phénomène aussi complexe que le suicide. Tout autant que s’intéresser uniquement au fait de savoir si l’acte a été perpétré avec une arme militaire (d’ordonnance) ou non.
Il faut toutefois reconnaître qu’il est difficile d’espérer mieux au vu des études utilisées pour servir de base à l’argumentation des tenants d’une interdiction de la détention d’armes au domicile : elles ne prennent pas en compte le nombre de suicides ratés par arme à feu …

Accéder à l’article :
S’il y avait moins d’armes, y aurait-il moins de suicides? | 24 heures – 16.06.2010


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Posté par le 16 juin 2010. inséré dans Chroniques, Lu dans la presse. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.
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