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[lu sur Le Courrier] « I véridique » et vielles ficelles | Fragments actuels

[lu sur Le Courrier] « I véridique » et vielles ficelles

Dans un éditorial intitulé Sabotage, Rachad Armanios, le rédacteur en chef adjoint du quotidien Le Courrier, faisait samedi 11 décembre 2010 le procès du Conseil fédéral et de « la droite » – entendez la majorité bourgeoise du Parlement – sur la série de mesures prises pour réduire l’attrait du service civil, les demandes d’accès au service civil ayant en effet explosé en 2009, pour passer de 2’000 à 9’000 demandes, conséquence de l’abandon en avril de la même année de l’examen de conscience au profit de la preuve par l’acte.

Un édito qui se résume à un exercice de style où le petit mensonge est emballé dans de vieux clichés et paré de grosses ficelles.

Petit mensonge

Le raisonnement se tiendrait si l’armée de milice avait une mission claire et manquait d’effectifs. Mais c’est tout le contraire. Elle ne sait que faire de ses soldats.

Les meilleurs mensonges sont ceux basés sur une part de vérité… La vérité étant que l’armée suisse n’a pas « une » mission claire, mais « trois » missions de base on ne peut plus limpides – sauvegarde des conditions d’existence, défense sectorielle et défense, promotion de la paix – le vieil adage populaire se confirme. Ensuite, dansez bobards et boniments ! Quoi, la structure actuelle de l’armée, en raison de l’évolution démographique et des données sociales, ne peut plus être alimentée en suffisance, à moyen et à long terme [Décompte des effectifs de l’armée 2010 : la baisse se poursuit, 15.10.2010] ? Allons bon ! baratin, calembredaines, faconde et fariboles que tout cela.
« Croyez-moi, mon bon Monsieur, l’armée suisse, elle ne sait que faire de ses soldats. Si, si, si… »

Vieux clichés

Lesquels [les soldats] passent leur temps à boire des coups entre copains, à fumer des joints et à perfectionner l’art du jass. Le tout en gaspillant des munitions dans l’unique but de permettre aux galonnés de justifier le fait d’en acheter autant année après année.

Là, au niveau des « vieux clichés éculés », j’avoue ma frustration. En effet, il me manque les camions que l’on fait tourner en rond et les avions que l’on fait voler juste pour brûler jusqu’à la dernière goutte les dotations en carburants. Toutefois, le lecteur attentif aura noté que l’auteur a pris le soin de revisiter l’un de ces clichés issus des discussions de café de commerce lorsque tous les autres sujets sont épuisés – « Dis, tu t’rappelles… au cours de répet’ de 1987… Mais ouais, tu t’rappelles, quand le biquet nous a surpris à descendre des bibines et à fumer en chambre et qu’j’lui ai dis qu’il pourvait se … » Aujourd’hui donc, le soldat ne fume plus des clopes, mais des joints.
« Aïe, aïe, aïe, mon bon Monsieur ! Si vous saviez… Et je ne vous dis pas tout ! »
Et que dire de l’usage du terme « galonnés » ? Si mon grand-père était encore de ce monde, je pense qu’il m’aurait tendu son iPad en me disant : « Mince, la Mob’ n’est pas finie et on m’a rien dit ! Si, si, lis-ça, les galonnés sont toujours là ! »

Grosses ficelles

En pleine crise existentielle, l’administration militaire est allée jusqu’à désigner la Grèce en banqueroute comme péril potentiel, histoire de s’accrocher à sa mission historique, la défense du territoire.

Là, une relecture de l’article 58, alinéa 2 de la Constitution fédérale s’impose pour l’auteur qui semble avoir une constitution de retard. Dans l’armée contribue à prévenir la guerre et à maintenir la paix ; elle assure la défense du pays et de sa population, je n’y lis nulle mention prioritaire et exclusive de la notion de « défense du territoire ».

Dans ce contexte, l’acharnement contre le service civil ressemble à une fuite en avant, une façon de retarder l’indispensable débat sur l’avenir de l’armée.Plutôt que d’expliquer en quoi ce gouffre à millions serait utile, la droite préfère hurler à la trahison des socialistes, qui ont eu la lucidité d’inscrire son abolition dans leur programme.

J’avoue que ma préférée c’est indubitablement l’appel à l’ « indispensable débat sur l’avenir de l’armée ». Après « indispensable débat », j’attendais presque la précision « démocratique ». Histoire de bien faire voir et de bien faire croire. Mais je sais gré à l’auteur de ne pas avoir cherché à enluminer inutilement la pipe à opium. C’est effectivement un détail, car depuis le dernier congrès du PS Suisse, désormais plus personne n’est dupe : en pratique il ne s’agira pas d’un « débat », mais bien de « négociations », du genre : « Si vous réduisez l’armée à tant, nous nous engageons à ne demander son abolition que pour dans… disons… 30 ans ? » – « Vous n’y pensez pas ! C’est totalement irresponsable ! » – « Allez, faites preuve d’ouverture… Disons 50 ans, et on tope ! »

Petit mensonge, vieux clichés et grosses ficelles. Il est normal de s’inquiéter que les mesures prises tout dernièrement pour réduire l’attrait au service civil puissent receler un danger, celui de revenir sans y toucher à l’état antérieur. Mais là, ce qui aurait fait rire en écoutant l’émission radiophonique La Soupe un dimanche en fin de matinée, ressemble surtout furieusement à une charge d’anti-militarisme primaire dans laquelle la question des personnes désireuses d’effectuer un service civil ne sert que d’élément déclencheur. Dommage.


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Posté par le 13 déc 2010. inséré dans A la Une, Chroniques. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article
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