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Violence des armes : Et si l’on certifiait les militaires ? | Fragments actuels

Violence des armes : Et si l’on certifiait les militaires ?

Une réflexion qui découle des arguments entendus hier soir (21.01.2011) lors du débat télévisé arena (SF1) entre tenants et opposants à l’initiative dite « pour la protection face à la violence des armes » : et si l’on demandait à la FST – Fédération sportive suisse de tir – de certifier le besoin et l’existence des capacités requises des citoyens astreints aux obligations militaires pour l’utilisation d’armes à feu ou de munitions ?
D’aucuns qualifierons sans doute mon idée d’idiote, mais pourquoi laisser aux tenants de l’initiative le monopole d’une logique présentée comme implacable – « Moins d’armes, moins de suicides » ; « Même si elle ne parvient à ne sauver qu’une seule vie, notre initiative aura atteint son but » – et ne pas s’offrir aussi parfois le luxe de tenter de raisonner par l’absurde.

Énoncés

D’un côté, nous avons les tenants de l’initiative qui affirment que les tireurs et les chasseurs n’ont rien à redouter de l’initiative : en cas d’acceptation, celle-ci préservera l’exercice de leurs passions respectives, qui la chasse, qui le tir ou la collection.

Un extrait du texte et de l’argumentaire de l’initiative pour fixer ce point :

Constitution fédérale, article 118c (nouveau), alinéa 2 :
Quiconque entend acquérir, posséder, porter, utiliser ou remettre une arme à feu ou des munitions doit justifier d’un besoin et disposer des capacités nécessaires. La loi règle les exigences et les détails, en particulier pour :
a. les professions dont l’exercice impose de disposer d’une arme ;
b. le commerce d’armes à titre professionnel ;
c. le tir sportif ;
d. la chasse ;
e. les collections d’armes
.

Argumentaire (extrait) :

L’initiative n’est pas dirigée contre les tireurs sportifs, les chasseurs et les collectionneurs qui font un usage responsable des armes qu’ils détiennent. […] Le tir en campagne et les programmes de tir obligatoires ne seront pas remis en cause.

D’un autre côté, les figures de proue de la défense du bien-fondé de l’initiative s’insurgent avec véhémence lorsqu’il leur est fait reproche de vouloir dépecer l’institution militaire, à l’image de ce que tente de faire depuis des années le GSsA (Groupe pour une Suisse sans armée), en stigmatisant le potentiel de danger inhérent à l’arme détenue à son domicile par le citoyen astreint à aux obligations militaires et ainsi, implicitement, de discréditer aux yeux de la population, et des femmes en particulier, son sens des responsabilités ; voire de s’avouer irritées lorsque l’on reproche aux auteurs de l’initiative de s’attaquer au valeurs suisses : la confiance dans la population, la responsabilité personnelle, le droit à l’autodétermination.

Deux citations, pour illustrer ce qui précède :

Nous ne voulons pas abolir l’armée, mais sauver des vies.
(Jacques de Haller, conférence de presse de lancement de la campagne par les organisations de soutien à l’initiative, Berne, 13.12.2010)

Ces arguments m’irritent énormément. Comme si la confiance de la population se concrétisait par le fait de conserver un fusil militaire !
(Géraldine Savary, interview, 24heures, Votation sur les armes, p. 5, édition du 5 janvier 2011)

Déductions

La priorité absolue des auteurs de l’initiative est donc de sauver des vies et de lutter contre la violence domestique exercée au moyen d’une arme à feu. En prenant à la lettre les arguments des tenants de l’initiative, il n’est pas dans leur intention d’attenter à l’image de l’armée, par extension – du fait du principe de milice – à l’image des personnes astreintes au service militaire. Le texte de l’initiative reconnait que des personnes en Suisses font un usage responsable des armes qu’ils détiennent : il s’agit en l’occurrence des tireurs sportifs, des chasseurs et des collectionneurs, étant entendu qu’aujourd’hui déjà ces trois catégories de détenteurs d’armes justifient d’un besoin et des capacités nécessaires attestés par un permis de chasse ou une licence de tir.

Conséquences

Au vu de ce qui précède, les auteurs de l’initiative ne devraient en toute logique pas voir d’entrave au but poursuivi si tout citoyen ayant accompli une école de recrue (ER) avec formation aux armes reçoive de facto une licence de la FST.
En effet, quatre mois d’instruction, de drill aux manipulations et de rapport quotidien avec une arme devraient ne pas offrir moins de garanties sur la capacité du militaire à entreposer son arme au domicile de manière sûre et responsable que la formation dispensée aujourd’hui déjà aux chasseurs et aux tireurs. Qui plus est si l’arme militaire est privée de ses munitions de poche, ce qui n’est pas forcément le cas des chasseurs et des tireurs sportifs.
Cette instruction pourraient être certifiée par la FST, tout comme la formation des moniteurs de tir militaires par ailleurs.
Le militaire pourrait ainsi, en dehors des périodes de service militaire, conserver son arme au domicile, en toute sécurité pour lui-même et les siens, cela à l’instar d’un tireur sportif ou d’un chasseur qui à l’évidence ne pose pas problème aux yeux des auteurs de l’initiative, du fait de l’existence d’une licence ou d’un permis de chasse.
Cela permettrait à l’armée de milice de maintenir une organisation souple des programmes de tir obligatoires (PO) – les sociétés de tir offrant en effet chacune plus d’une session pour répondre aux impératifs d’agendas personnels de plus en plus chargés – pour que chaque personne astreinte aux obligations militaires puisse une fois l’an, en-dehors de sa période annuelle de service – ou justement parce qu’elle a dû « faire sauter son cours de répet' » pour une raison ou une autre une année – passer en revue ses fondamentaux : préparer l’arme au tir, charger, viser, tirer, procéder au retrait des cartouches, nettoyer l’arme et la préparer en vue de dépôt au domicile, ceci en toute sécurité pour elle-même et les autres, car sous la surveillance de moniteurs formés par la FST.

Dans un second temps, on pourrait même abonder dans le sens des représentants de l’initiative qui rappellent régulièrement aux responsables du tir en Suisse que l’initiative leur offre la chance de pouvoir renforcer le concept de licence de tir pour chaque tireur sportif – « un tireur, une licence ». On pourrait en effet renoncer au concept prétendument « suranné » des programmes de tir obligatoires et rendre obligatoire pour le citoyen astreint au service militaire la participation au Tir en Campagne (TC), la plus grande fête de tir au monde. Le contrôle de la participation ? Peu ou pas de problème : le système informatique mis en œuvre aujourd’hui au plan national a fait ses preuves ; créer une interface entre les actuels systèmes de gestion des PO et du TC ne devrait pas générer des coûts astronomiques.

L’argent ainsi économisé sur les tirs obligatoires permettrait à l’armée de financer les licences de tir. Les tireurs licenciés ainsi gagnés permettraient à la FST d’augmenter ses recettes. Et les auteurs de l’initiative verraient leur priorité absolue respectée : au bénéfice d’une licence délivrée par la FST, en situation de surcharge psychique les personnes astreintes au service militaire, à l’instar des tireurs sportifs, des chasseurs et des collectionneurs, ne constitueraient plus un danger potentiel pour eux-mêmes ou leur famille. Le nombre de suicides et de crimes commis avec une arme à feu en Suisse serait donc à la baisse et notre pays retrouverait une place honorable dans les comparaisons européennes agitées par les tenants de l’initiatives.

Je l’ai écrit d’entrée : d’aucuns qualifierons sans doute mon idée d’idiote. J’assume volontiers. Mais en définitive, lors des débats, pourquoi laisser aux zélateurs de l’initiative le monopole d’une logique présentée comme implacable – « Moins d’armes, moins de suicides » ; « Même si elle ne parvient à ne sauver qu’une seule vie notre initiative aura atteint son but » – et ne pas s’offrir aussi parfois le luxe de raisonner par l’absurde, cela sur la base de certaines faiblesses du texte de l’initiative, des contradictions qui plongent probablement leurs racines dans le souci des auteurs de l’initiative de se ménager le vote des tireurs sportifs et chasseurs, quitte à espérer ne sauver qu’une vie.

Votons NON le 13 février prochain !


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Posté par le 22 jan 2011. inséré dans A la Une, Chroniques. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article
  • Wahl Jacques

    Non ce n’est pas idiot : d’office à la fin d’une ER de fournir un certificat de capacité aux soldats sous la forme d’une licence de tir (semblable à celle que nous avons dans les stés de tir) renouvable tous les trois ans lors des tirs en campagne et/ou obligatoires. Mise en oeuvre à étudier.
    L’ initiative « Contre la violences des armes » franchit les limites de la sphère individuelle, est diffamante par le fait qu’elle considère chaque tireur et citoyen-soldat comme un danger potetiel pour son entourage, conduit à la mise sous tutelle des citoyens puis enfin à la destruction d’une des spécifités qui a fait la Suisse. L’élaboration de l’état totalitaire souhaité par la gauche est en marche !

    • http://blog.francoismonney.com/ François Monney

      Merci pour votre commentaire.

      J’utilise le qualificatif « idiot » parce que la conclusion à laquelle j’arrive découle d’un raisonnement par l’absurde pour tenter de mettre en lumière de manière différente, que cela se fait durant les débats radio-télévisés, d’une part l’inutilité de cette initiative, et d’autre part, comme vous l’écrivez, son côté diffamatoire à l’encontre du citoyen-soldat et aussi – mais de manière plus sournoise parce qu’il faut se ménager leur vote – du tireur ainsi que du chasseur.
      Vous avez entièrement raison, en cas de oui le 13 février, il serait bien venu d’étudier une telle mise en oeuvre, à tout le moins pour prouver que cette initiative était effectivement inutile.

      Bien que cela s’avère plus délicat, on pourrait renverser aussi de la même manière la fameuse « logique [prétendue] imparable et implacable » des zélateurs de l’initiative : « Si l’initiative parvenait à sauver ne fusse qu’une vie, elle aurait déjà atteint son but ! » Personnellement, toujours en raisonnant par l’absurde, je parle d’une logique « effroyable » parce que c’est le même genre de logique qui semble avoir présidé au largage de la bombe A sur Hiroshima : « Si elle permet de raccourcir la guerre et de sauver ainsi des vies américaines, alors il faut la larguer ! » Mais je doute que ce puisse être le genre de provocation à employer durant un débat radio-télévisé : si ce genre de logique se pare des meilleures intentions du monde dans la bouche d’un représentant de la gauche, émise par un représentant de la droite, un militaire, un tireur ou un chasseur, elle sera par principe vouée aux gémonies sous un concert de sifflets et de réactions outrées : c’est tellement plus politiquement correct.

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